La localité de Joal-Fadiouth, rendue célèbre par le défunt Président-poète du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, suscite autant d'admiration que de curiosité. Cependant, elle n'est plus la ville tant chantée par le poète-président. Au lieu des "signares à l'ombre verte des vérandas" évoquées par Senghor, Joal-Fadiouth ploie sous le poids de l'insalubrité, du manque d'infrastructures scolaires, routières et sanitaires.
La réalité de Joal-Fadiouth contraste fortement avec l'image romantique que le monde a pu en avoir grâce à la poésie de Senghor. Le paysage idyllique de la ville, située sur la côte sénégalaise, est assombri par les problèmes actuels qui touchent la population de 60 000 âmes qui y réside. La prise de conscience de la nécessité de rétablir la grandeur de la ville a conduit la municipalité à réfléchir sérieusement à la manière de relever les défis liés aux changements socio-économiques actuels.
Pour ce faire, la commune de Joal-Fadiouth a sollicité l'appui technique et financier de l'Organisation intergouvernementale de la Francophonie pour la réalisation de son programme local de développement durable pour la période 2024-2029. Ce plan vise à redonner à la ville de Joal-Fadiouth une nouvelle vie, en prenant en charge les besoins essentiels de la population dans divers domaines.
Oumar Ba, le premier adjoint au maire de la commune, souligne l'importance de la planification pour orienter le développement de la ville. Il évoque des défis considérables, notamment la nécessité de réparer le lycée Léopold Sédar Senghor, dont le mur s'est effondré, et la rénovation des classes endommagées. De plus, il mentionne l'état déplorable des routes, qui sont devenues une priorité, et qui suscitent un sentiment de honte quant à ce qu'est devenue leur ville.
L'édile Aïssatou Sophie Gladima, qui est à la tête de la commune, a joué un rôle essentiel en lançant l'élaboration du plan communal de développement durable de Joal-Fadiouth. Elle plaide pour un environnement sain et durable, qui s'étend à la fois aux infrastructures routières, sanitaires et hydrauliques. Gladima souligne que la principale activité économique de la région, la pêche artisanale, a souffert en raison de la raréfaction des ressources halieutiques. Cette situation a eu un impact négatif sur la croissance économique de la commune.
Elle insiste sur la nécessité de développer des infrastructures routières, sanitaires et hydrauliques pour répondre aux besoins croissants de la population. La question de l'inondation est également capitale, car Joal-Fadiouth est située dans une zone entourée par la mer, où la mangrove et les zones inondables sont prédominantes. La nécessité de réaménager ces zones, de revoir le type d'habitation pour construire en hauteur et de repenser la carte scolaire pour faire face à la surpopulation des écoles sont des priorités.
La réalité éducative à Joal-Fadiouth est particulièrement complexe. Les écoles sont surpeuplées, avec plus de 100 élèves dans des classes de 9/6 mètres, ce qui rend difficile l'acquisition d'une éducation de qualité. Ainsi, l'expansion de la carte scolaire est critique pour répondre aux besoins éducatifs de la population. La nécessité de meilleures routes pour faciliter l'accès à la ville est également soulignée.
Joal-Fadiouth est confrontée à de multiples défis, notamment la préservation de son patrimoine culturel et de l'héritage de Senghor, tout en cherchant à résoudre les problèmes contemporains qui entravent son développement. Le plan de développement durable de la commune s'avère être un outil essentiel pour réinventer l'avenir de cette ville autrefois chantée par un poète-président. La question qui se pose maintenant est de savoir comment Joal-Fadiouth parviendra à réaliser cette vision de développement durable, tout en préservant son identité et son histoire. Comment peut-elle surmonter les défis majeurs qui se dressent sur son chemin et bâtir un avenir meilleur pour ses habitants ?
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